22 mars 2011

Hautefeuille Times8

       Le 18 mars 2011
Hautefeuille Times
N° 8
 ÉDITORIAL : JEUNESSE DE M. LARY
Vous en rêviez.... Nous l’avons créée ! Notre nouvelle rubrique consiste à raconter la jeunesse d’un professeur choisi avec soin... Dans ce numéro, nous nous attardons sur les années folles d’un professeur aimé de tous : M. Lary. Dans son adolescence, le jeune Hubert était à la fois « calme et respectueux » en même temps qu’il pouvait être « complexe ». Dans son collège public, il était libre de se vêtir selon ses envies et ses goûts. Ses cheveux longs collaient parfaitement à l’époque de sa jeunesse, qu’on a tous rêvé de vivre un jour, les années 80. Ses souvenirs concernant ses préférences musicales sont trop flous pour qu’il puisse citer le nom d’un groupe, cependant il se souvient de son goût prononcé pour le rock.
M. Lary préférait, comme nous tous, passer du temps avec ses amis que rester à sa table de travail... Son attirance pour la lecture et les jeux de société lui sont restés en tête. Sa grande taille lui permettait de pratiquer le basket avec excellence, il appréciait également le cyclisme.
Et aujourd’hui M. Lary est un professeur de mathématiques plus que confirmé et adulé par la PLUPART de ses élèves, l’avait-il imaginé? Oui, depuis ce jour, oú étant en primaire, il annonçait à ses
parents qu’il voulait devenir professeur de mathématiques...
Guillaume Lejeune

Essai de brouillon d’essai
Du
Traité du délicat et nôble art de la Boustifäille


Se nourrir n’est pas un acte qui peut se faire avec raffinement. Bien au contraire, c’est seule la pulsion de survivance qui nous pousse à le faire, parfois de la façon la plus non-courtoise (in)imaginable.
Les fauves et les sauvages se nourrissent en suivant leurs instincts, sans penser, sans comprendre la suavité possible de la chose. Soit est-ce par incapacité (ne veulent et ne peuvent), soit par manque de moyens et d’Esprit. On peut alors se demander quand, pourquoi et comment la bête passe­-t-elle à l’état de créature supérieure, celle qui profite de l’éternel plaisir de bien manger. Car oui, tout être raffiné voit la préciosité de sa pensée métamorphosée en finesse et subtilité culinaire.
Nous avons répondu à la question du quand. En effet, c’est lorsque l’être a une philosophie de vie, une spiritualité, un questionnement source de souffrances ininterrompues et donc de plaisir recherché qu’il conçoit le divin art de bien manger.
Le pourquoi du comment, quant à lui, est aisé à comprendre : quand l’être se questionne, les sujets de vie et de plaisir, de pouvoir sont abordés. Il cherche alors la jouissance de l’existence en chaque instant de celle-ci et dans chaque possibilité que cette dernière lui offre.
Savourer est le parfait exemple du devoir transformé en pouvoir, de l’accablante condition de survie en plaisir infini.
C.I.L.B.R. Aubert


TRUE GRIT
DE JOEL ET ETHAN COEN
Un conte de l’ouest


Les frères Coen, depuis le début des années 2000, ont un peu délaissé leurs œuvres personnelles. Prenant un genre qui a déjà ses lettres de noblesse, ils le réécrivent, le réinventent, tout en respectant les codes de ce genre. En 2001, ils rendaient hommage au film noir des années 50 avec The Barber, en 2002 aux comédies de mœurs sur les modèles Lubitch et Capra, avec Intolérable Cruauté ; en 2004 dans leur remake de Ladykillers, ils inventaient la comédie « so-british » à l’américaine… C’est avec No country for old men qu’ils atteignaient le sommet de ce principe : le film, entre film noir, thriller et western, allait bien plus loin que les autres « essais » des Coen, qui à côté de celui-là pourraient ressembler à de simples pastiches. Après la parodie des films d’action américains, Burn after reading, les deux étranges frères étaient retournés au cinéma de leurs premières amours, personnel, avec l’un des sommets de leur carrière, A serious man. Et donc, en 2011, les Coen reviennent avec leur système favori du XXIe siècle. Le film fut présenté comme un remake de 100 dollars pour un shérif d’Henri Hattaway (l’unique rôle « oscarisé » du légendaire John Wayne), cependant il est bien plus proche du roman initial de Charles Portis, et bien sûr, de l’univers des frères Coen.
Le premier plan du film, magnifique, confirme évidement qu’on est au pays des Coen. Ce long fondu du noir laisse apparaître un cadavre, seul devant un bar, sous une nuit d’hiver (on repense à La Neige de Fargo, un des chefs-d’œuvre des réalisateurs). Comment ne pas penser également à la scène d’ouverture de A serious man (le conte du dibbouk, sous une nuit glaciale, enneigée et chaotique), d’autant plus que la démarche est identique. Le conte du Serious man était une manière d’introduire le film par une histoire « hors-récit » (qui n’appartient pas à la narration principale). Dans True grit, les Coen ne rendent pas seulement hommage aux westerns mythiques, âpres et violents ; ils invitent le spectateur à un conte, plein de créatures étranges : les « créatures » des frères Coen. Cette jeune héroïne vengeresse, Mattie Ross (superbe interprétation de la jeune Hailee Steinfeld, remarquable dans ce rôle de jeune fille courageuse, intrépide autant que fragile et innocente) est plus proche de la Alice de Lewis Carrol que d’une grande « femme de l’Ouest ». Celle-ci découvre, au fur et à mesure de sa chevauchée, des « trognes », des « créatures » étonnantes, elle découvre l’imaginaire des frères Coen… Les Coen rappellent, et cela fait un bien fou, que la mise en scène n’est pas qu’histoire de mouvements de caméra, montage ou découpage… La mise en scène repose également sur les visages donnés aux acteurs, leurs démarches, leurs expressions… De ce point de vue-là, les acteurs sont merveilleux… Jeff Bridges retrouve, et non sans jouissance, son rôle de « beauf » à la The Big Lebowski, comédie loufoque des frères Coen, ici, déguisé en cow-boy. Sa générosité, son humanité, sa grossièreté trouvent ici leur apogée, tout comme ses expressions qui sonnent comme des hommages à ses maîtres (on pense très souvent à Orson Welles). Matt Damon montre une nouvelle fois qu’il est un grand acteur. Après avoir porté sur ses épaules le dernier Eastwood (Au-delà) en faisant vivre le prolétariat à lui seul, avec brio, il est ici remarquable de drôlerie et d’intelligence. Et enfin Josh Broslin qui est « l’ogre » de ce conte, prouve que, malgré de brèves apparitions, on peut faire ressortir son talent.
Mais True grit va plus loin dans le conte que A serious man ; la scène d’ouverture n’est pas la seule coupure du récit : plus loin dans le film, une scène laisse béat le spectateur. La jeune fille, mordue par un serpent, est emmenée à cheval par le Marshall. Cette ultime chevauchée, sous la neige, derrière des décors irréels, filmée comme un rêve, stoppe la narration, pour nous inviter une nouvelle fois au merveilleux, lorsque tout le monde arrive à bout de forces (le marshall, la jeune fille et le cheval). Un rêve éveillé qui laisse une impression de désenchantement mais non de désespoir comme dans A serious man.
Cependant, les frères Coen n’ont rien perdu de leur incroyable sens du dialogue, de leur impressionnante maîtrise de la violence. Les quelques instants de brutalité, complètement inattendus et formidablement mis en scène, giflent le spectateur, sans le déstabiliser, seulement en le tétanisant devant une telle maîtrise…
Pour conclure : True grit est un grand Coen (au niveau de Miller’s Crossing, quoi qu’en disent les critiques), un grand Western, un grand conte cinématographique. Ce superbe hommage au 7e Art ne laissera personne indifférent ; même les « non-cinéphiles » sortiront comblés. Les frères Coen sont définitivement entrés dans la légende du cinéma, dans le panthéon des plus grands réalisateurs de tous les temps. Tout simplement, les meilleurs de leur génération, et actuellement.
Pierre-Jean Delvolvé




    NEVER SAY NEVER, sur Justin Bieber     x



Pas besoin de s’attarder longuement sur ce produit marketing malsain… Je ne critiquerai pas la musique de cette jeune coqueluche de la pop, je m’attaquerai simplement à ce que je considère comme un scandale… Je n’interdis pas à ce «pseudo-artiste» de s’attaquer à la musique, si certains considèrent qu’il a du talent… Mais qu’on se permette de faire un film sur un pauvre adolescent  dont tout le monde se moque littéralement, me choque profondément ! Alors, il est vrai, mon rôle n’est pas de juger l’aspect moral d’un film, mais de le juger d’un point de vue cinématographique, pas d’inquiétude, je m’y attarde immédiatement…
Si seulement la mise en  scène pouvait sauver le film du naufrage dans lequel il est tombé… Eh bien non… Pour résumer, nous assistons à un spectacle laid, horriblement filmé, à la réalisation digne d’un clip… Si déjà un clip de Justin Bieber est laid, quand celui-ci dure plus d’une heure et demie on ne peut rester jusqu’au bout… Voir le 7ème art massacré par une telle arnaque, pour un produit marketing télévisuel, alimenté d’une 3D relief qu’on n’avait pas encore vu aussi inutile (et pourtant c’est difficile !), m’a tout bonnement scandalisé. Et je n’ai pas supporté tant de temps à voir (et à ENTENDRE) tant d’ordures.
J’avoue être sorti avant la fin, le cinéma est un art trop beau, et la vie est trop courte pour s’ennuyer à ce point-là !
Pierre-Jean Delvolvé


LA DÉMOCRATIE ET LA RUE


Les événements de Tunisie, d’Egypte et de Lybie, sans parler des autres pays d’Orient, en même temps qu’ils suscitent un grand espoir, posent une question : comment parvenir à la démocratie ? Dans ces pays, pendant des années, nous ne nous sommes pas inquiétés du fait qu’il y ait des régimes dictatoriaux, des présidents à vie qui gouvernaient en ayant muselé toute opposition… En Tunisie, c’était le président Bourguiba qui gouvernait en autocrate* ; en Egypte, Moubarak ; en Lybie, Kadhafi ; ailleurs, ce sont des royaumes : Arabie, Maroc, Jordanie… Il y a peu de liberté d’expression, peu de diversité dans les partis ; souvent, la liberté religieuse est limitée à celle des différentes expressions de l’Islam… Mais là où les sunnites* dominent, les chiites* eux-mêmes sont étouffés. Quant aux chrétiens et aux juifs, ils sont souvent réduits à l’état de « dhimmis » (pour l’Islam, catégorie inférieure de citoyens). Et même dans l’Islam, la situation de la femme est dramatique : interdite même de permis de conduire en Arabie Saoudite, elle ne jouit pas des libertés élémentaires qu’ont les hommes, même non-musulmans. En ce qui concerne les monarchies, ce sont des dynasties souvent imposées par les Américains, dominées par les familles, et les ministres eux-mêmes n’ont souvent aucun pouvoir. On comprend qu’avec le développement de la formation universitaire, les habitants de ces pays aspirent à plus de libertés.

Pourtant, cette liberté doit-elle passer par la révolte ouverte, et que peut donner cette révolte ?

On peut penser que, dans la situation d’absence totale de liberté qui était la leur, il n’y avait pas d’autre moyen que de descendre dans la rue. Néanmoins, cette façon de faire comporte un très grand risque, inhérent à toutes les révolutions : celui de créer une situation pire que la précédente, ou même le chaos total. Qu’on pense par exemple à la révolution d’Iran, qui a chassé le Shah, mais qui a fait naître un régime islamique étouffant, se réclamant de la charia, la loi traditionnelle de l’Islam. La plupart des régimes renversés ces dernières semaines avaient dû lutter contre des oppositions musulmanes qui n’étaient guère libérales. A l’occasion de ces grands bouleversements, ne risquent-elles pas de ressusciter ?
Silvestre Baudrillart

*Lexique :
AUTOCRATE : gouvernant autoritaire qui ne rend de comptes qu’à lui-même.
SUNNITES : Musulmans qui se conforment à la Sunna, tradition orthodoxe de la religion islamique. L’Arabie Saoudite, par exemple, est sunnite en majorité.
CHIITES : Musulmans se réclamant d’Ali, gendre de Mahomet. L’Iran est, lui, majoritairement chiite.




LE VAMPIRE À TRAVERS LES ÂGES

Le thème du vampire a inspiré les poètes et écrivains depuis 1748, année à laquelle Heinrich Augustin von Ossenfelder écrit Der Vampyr. En 1797, soit un siècle avant Bram Stoker, Goethe, dans la Fiancée de Corinthe, aborde sous forme de métaphore l’état non mort d’une jeune femme se nourrissant de sang.
Le premier texte anglais sur ce thème fut the Vampyre de John Stagg en 1810. Mais le premier personnage qui attira l’attention fut Lord Ruthven, créé par John William Polidori en 1819 dans une longue nouvelle intitulée Le Vampire.
 Avec sa publication, le thème du vampirisme devient alors incontournable et de nombreux auteurs britanniques, allemands, français s’y essaient : Théophile Gautier, Hoffman, Tolstoï, etc.
En 1897, Bram Stoker crée Dracula, faisant apparaître le mythe du vampire comme révolution dans la littérature fantastique  et le sacre en tant que personnage de fiction à part entière.
Dans Je suis une légende, son premier roman, Richard Matheson met en scène le dernier humain vivant dans un monde peuplé de vampires, tout en prétendant apporter une explication scientifique à l’existence de ces derniers.
Andéol Bonnet

1 février 2011

Qu'est-ce que la réflexion

Qu’est-ce que la réflexion ?

La vie est un imbroglio de gens indolents et intellectuels. Quand on réfléchit à son essence, on parvient toujours à une fine solution volatile qui perd de son sens quand on lui en accorde et en gagne quand on la laisse vacante.

Prenons un exemple : on réfléchit sur l’humanité et l’on s’aperçoit que là n’est qu’un amalgame de faits et de croyances, de fois et d’espérances mauvaises et parfois bonnes. Les civilisations les plus probes et dignes des honneurs que l’on veut trop souvent accorder aux Hommes pour les pardonner de leurs fautes se penchent alors sur les criminels, les hérétiques et les barbares comme une grande sœur se penchant au-dessus du berceau fraternel et les punit d’un ton sévère ; vont parfois même jusqu'à commettre la faute imputée. On est alors en droit de se demander d’où vient ce pouvoir et ce qu’est la morale. Deux solutions sont possibles : soit ce n’est qu’éducation et culture, soit cette notion est propre au genre humain (du moins nous l’espérons et l’intérêt nous porte à l’espérer). Dans les deux cas, il s’agit de jugements. D’un jugement providentiel ou d’un jugement factice (l’humain est éphémère), certes, mais ce n’est toujours qu’un avis. Alors tout ne serait que passions et jugements ? La face du monde ne tiendrait-elle que sur notre pouvoir ?

Si l’on suit cette logique, alors y compris le fait que tout est hypothèse en est une. Mais cet article ne sert-il donc qu’à mettre une de ces hypothèses sur le tapis pour pouvoir mieux nous morfondre dans une incapacité profonde et fatale ? Peut-être car le « peut-être » est Tout, ou plutôt ne serait-ce Rien.

Et voila la substance, si vaporeuse et fuyante.

                        C.I.L.B.R.AUBERT

Au Delà

  Au-delà              
                                                             De Clint Eastwood

Clint Eastwood, après 20 ans de chefs-d’œuvre, et après la déception Invictus, revient avec un projet inquiétant, TRES inquiétant : un film « fantastique » sur la vie après la mort, alimenté d’illustrations du tsunami de 2004, de visions de la mort entièrement en effets numériques, tout cela sous la forme d’un film choral à intrigues interposés. Que venait faire Clint Eastwood là-dedans ? Quel était son objectif ? Un film pour gagner encore de l’argent ? Eh bien, loin delà ! Eastwood ne s’intéresse pas tant que cela à cet « au-delà », il profite de ce sujet pour revenir à ses fondamentaux (la plupart perdus dans Invictus) qui font la force de son cinéma, l’intimité, les choix de vie, les « dons » qui peuvent éclairer nos vies comme ils peuvent détruire nos relations.

La meilleure partie d’Au-delà est celle qui s’intéresse au personnage du médium, joué par un Matt Damon somptueux. Celle-ci est surement la partie la plus intimiste du film avec notamment ses scènes où ce personnage passe ses soirées à écouter des textes de Charles Dickens lus à la radio. L’idée de Dickens est tout bonnement géniale, cet auteur qui a tant écrit sur la pauvreté et la misère vient s’inviter à la tristesse de ce médium, cet idée trouvera encore plus de sens avec une des autres parties du film qui décrit le parcourt de deux jumeaux. La détresse du personnage est tout simplement bouleversante. Ce «don » qui lui permet de « contacter » les disparus et qu’il perçoit plus comme une malédiction, le fait plonger dans un immense doute. Son frère veut absolument lui faire exploiter celui-ci pour gagner plus d’argent, le fait d’être médium lui empêche de conquérir la femme qu’il aime après qu’il ait découvert lors d’une « séance » bien des secrets sur celle-ci, des secrets qu’elle aurait bien aimé oublier… La mise en scène tout en simplicité du maître Clint ne fait que renforcer la force de cette partie qui se rapproche beaucoup du chef-d’œuvre.

La partie des deux jumeaux est également superbe. Alors qu’ils vivent une existence difficile auprès de leur mère alcoolique et droguée, l’un des deux, en allant chercher des médicaments pour sa mère qui veut guérir, se fait agresser puis renverser par une voiture. L’enterrement du garçon est tout bonnement sublime ; il montre toute la frustration et la solitude de ce jeune héros. L’un des deux reste seul, cherchant à tout prix à renouer des liens avec son défunt frère. L’errance de ce petit garçon est filmée comme un conte, et surtout (PUR HASARD !) comme un conte de Dickens. C’est là tout le génie du réalisateur, ne pas seulement rassembler toutes ces histoires par le scénario, mais aussi par la mise en scène, et avec quel talent !       

L’autre partie, française, est, avouons-le, assez décevante. Non pas pour son jeu d’acteurs, excellent (formidable Cécile de France et très charismatique Thierry Neuvic), ni pour sa réalisation sobre et sans faux-raccord, mais pour son écriture. Nous, Français, comprenons vite que le scénariste ne connaît pas très bien la France… Le scénario de Peter Morgan (scénariste de l’excellent The Queen, de Stephen Frears) reste tout de même un léger problème au film, car le côté « choral » du film n’est pas très bien écrit. On sait que la réussite d’un film de Clint Eastwood tient souvent à son scénario, mais ici, il réussit à sublimer un scénario peu passionnant par la réalisation.
Ce qui étonne le plus, c’est ce titre,  au-delà … Pourquoi ce titre étonne-t-il ? Parce que le film ne traite pas concrètement de la vie après la mort. C’est un conte contemporain, qui explore notre société d’aujourd’hui, en passant par des catastrophes récentes qui ont secoué notre monde (le tsunami, l’attentat du métro de Londres, etc.). Eastwood utilise ce sujet comme prétexte pour décrire l’importance du succès pour une personne d’aujourd’hui, pour explorer, à travers des détails, quelles sont les icônes de nos jours (les « Black Berry » qui sont souvent montrés dans des affiches publicitaires, les vidéos de « YouTube » ou encore l’autocollant de Che Guevara sur les casiers des ouvriers collègues de Matt Damon). C’est là que l’arrivée de Dickens est une idée tout à fait étonnante, qui vient en contraste complet avec notre société où l’argent et le succès règnent en maître.      
Les effets spéciaux sont tout de même présents. L’exemple qui restera dans les mémoires est la scène du Tsunami, terrifiante. Filmée au plus près de l’action, elle étonne surtout lorsque l’on sait que le réalisateur n’a jamais touché au film-catastrophe.

Eastwood signe donc ici son mélodrame le plus abouti (Eh oui, « mélo » ne veut pas forcément dire mauvais film). Excepté le final qui tire un peu fort sur les violons, Monsieur Clint évite les lourdeurs dans sa réalisation (contrairement à Invictus) ce qui laisse présager un retour à la belle époque « Eastwoodienne ». Et ça, ça ne peut qu’être positif pour notre 7ème Art.

Tara Ducan

​La série Tara Duncan
 
​Quinze ans avant J.K. Rowling, Sophie Audouin-Mamikonian avait créé Tara, l’irrésistible Sortcelière, seulement aucun éditeur n'avait accepter de publier son livre qu'ils trouvaient trop long, avec trop de magie. La vague Harry Potter lui permis finalement d’être éditée. Drôles et fantastiques, ses créatures sont aussi incroyables qu’impayables. La plupart des palais y sont vivants et changent l’aménagement des pièces selon leur humeur, les sucettes prédisent l’avenir et les araignées posent des charades. Même les couleurs ont une âme que les démons peuvent emprisonner…foisonnant d’idées et de trouvailles, mêlant suspense, humour et fantastique, les romans de Sophie Audouin-Mamikonian séduit les jeunes comme les vieux . Même Steven Spielberg a craqué et pourrait bien porter au grand écran cette cousine française du sorcier Harry. Mais si Tara est une drôle de fille aux pouvoirs supra-normaux, sa créatrice n’est pas triste non plus. En effet, l’auteur n’est autre que la prétendante au trône d’Arménie,royaume qui n’existe plus depuis le quatorzième siècle.  .Arrière-petite-nièce de Tristan Bernard, elle est aussi la nièce du réalisateur Francis Veber (Le dîner de cons, La chèvre, Les , etc) dont l’agent américain l’a présentée à Spielberg. Souvent présentée comme la petite sœur de Harry Potter, la jeune héroïne de ce roman n’a pourtant pas grand chose en commun  ce personnage, à part la magie.
Le dernier tome récemment sortit dans les librairies est  Tara Duncan 8, L'impératrice maléfique, qui raconte d'abord son exil sur Terre, où elle est coupée de tout contact avec ses amies ; puis sa tentative de passer par les Limbes (les Enfers) pour aller sur Autremonde, qui n'est pas dans la même Galaxie que la Terre, mais nous n’allons pas vous accabler de détails. Donc, pour en savoir plus, je vous conseille de lire les Livres. Un dessin animé a été diffusé sur M6, et sur Disney Channel. On pourra aussi assister en 2012 à une comédie musicale, et à un film live ( avec des acteurs) en 2013.
Pur résumer, Tara Duncan est une dodécalogie ( 12 tomes ) créée par Sophie Audouin-Mamikonian, qui réunit humour, magie et aventure dans ses livres qui sortent au rythme d'un tome par an. L'auteur nous prépare également une quadrilogie sur les loups-garous, dont le premier tome sort le 10 mars 2011 (sans vampires pour rassurer ceux qui ont une aversion pour Twilight). Et même s’il s’agit d’un pavé de plus de 450 pages, comme le roman est drôle, bien rythmé et plein de rebondissements, on en redemande 

11 janvier 2011

ENQUETE SUR LA NON-MIXITE

Le 9 décembre, deux étudiants de Nanterre sont venus faire une enquête sur la non-mixité. Ils ont d’abord interrogé M. Baudrillart, pour savoir quels étaient, selon lui, les avantages et les inconvénients d’enseigner à des classes non-mixtes. L’entretien avec M. Baudrillart a duré une heure et demie.
Puis ils ont interrogé, assez longuement également, deux élèves de 3e, Cyrille M. et Louis D., pour connaître leur opinion et leurs impressions sur le même sujet. Leurs parents avaient, auparavant, autorisé par écrit les étudiants à faire cette enquête. Les réponses étaient enregistrées et donneront lieu à un travail écrit, qui sera soumis à un professeur de Sociologie.
Les deux étudiants, apparemment très contents de l’accueil reçu, ont abondamment remercié les professeurs.
Silvestre Baudrillart

INTERWIEW D'UN VELOCIRAPTOR ET CORRESPONDANTS ESPAGNOLS

Simon : A quelle époque avez-vous vécu, mon cher ?
Raptor : J’ai vécu à la fin du crétacé, entre 80 et 70 millions d’années avant votre ère.    
Simon : Quelle partie de votre anatomie vous est le plus utile ? 
Raptor : C’est assurément ma griffe rétractile, capable de se placer presque à la verticale pour poignarder la peau de ma proie, car je suis carnivore ; elle mesure bien 1,5 cm.
Simon : Quelle taille avez-vous et quelle est votre longueur en partant du bout de la queue jusqu’à la  tête?
Raptor : J’ai une hauteur d’1,20 m et en longueur, je mesure 1,80 m et je pèse 75 kg.
Simon : Qui vous a découvert et quand ?
Raptor : C’est Henry Fairfield Osborn (1857-1935) en 1924 en Mongolie. Depuis, vos scientifiques disposent d’au moins six squelettes identifiés, complets ou partiels.
Simon : Vous avez tourné dans des films, non ?
Raptor : Oui, dans le célèbre film Jurassic Park de Steven Spielberg, mais j’y ai tourné nu.
Simon : Nu ????
Raptor : Oui, mes frères et moi sommes pourvus de plumes sur tout le corps, mais nous ne pouvons voler.
Simon : Bien, merci et au revoir.
Raptor : Au revoir !
Simon de Villèle




CORRESPONDANTS ESPAGNOLS

Hautefeuille a reçu, pour quinze jours, trois élèves espagnols du Colegio Gaztelueta, de Bilbao. Il s’agissait de :
—  Alfonso Aedo
— Jaime Ayarza
— Pablo Ferrandez
Ils ont été reçus dans les familles des élèves qui ont participé à l’échange, en se rendant à Bilbao en octobre.
Pour accéder au site de Gaztelueta :
Alfonso Aedo, Jaime Ayarza et Pablo Ferrandez                    

ENTRETIEN SUR LE LYCEE AVEC MONSIEUR NOE



Quelle est la spécificité du lycée Hautefeuille ?
Celle-ci tient d’abord à l’esprit qui nous anime et aux raisons pour lesquelles nous avons, avec l’aide des parents, créé le lycée. Il s’agit de proposer un établissement qui soit un lieu d’instruction et d’apprentissage pour l’élève, tout en garantissant une forte collaboration entre les professeurs et les élèves. En semaine, les lycéens passent plus de temps au lycée qu’à leur domicile. Il est donc primordial qu’ils s’y sentent bien, qu’ils y évoluent dans une atmosphère sereine et éloignée des pollutions intellectuelles. Faire grandir l’élève et non pas le casser, concilier exigence académique et humanisme, voilà une ambition difficile mais exaltante.

Qu’est-ce que le « Cercle Hautefeuille » et pourquoi l’avoir créé ?
L’idée du « Cercle Hautefeuille » nous est venue en réfléchissant sur les besoins et les envies des lycéens. Débattre, argumenter, défendre des idées, ce sont des choses qu’ils aiment faire, or c’est difficile de l’organiser en cours. Voilà pourquoi nous avons souhaité qu’un temps soit dédié à cela : apprendre à parler, savoir maîtriser l’oral, savoir rédiger une argumentation écrite. De plus, le cercle est couplé à des conférences faites par des spécialistes sur des sujets variés : art, géopolitique, finance, science. D’autre part il est important que les lycéens acquièrent une solide culture générale, et le cercle les aide à cela.

Que doit apporter un lycée ?
                Entre 15 et 18 ans les jeunes sont soumis à une fragmentation : ils s’interrogent sur leur avenir, ils passent du stade d’enfant à celui d’adulte, ils subissent plus ou moins bien les influences de l’esprit du temps. Le lycée doit les aider à retrouver cette unité perdue, à faire d’eux des hommes solides alors même que nous sommes une société liquide. C’est pourquoi il est crucial que les cours reposent sur des fondamentaux éprouvés, nous devons les organiser en fonction de méthodes pédagogiques qui réussissent. Ce qu’ils font au lycée, cette universalité disciplinaire, ils ne l’auront plus jamais par la suite. Peu importe la section qu’ils choisissent, cela a finalement peu d’impact sur les études supérieures, ce qui compte c’est qu’ils puissent nourrir leur esprit aux sources de différentes matières : lettres, philosophie, sciences, car ces trois années de lycée sont les dernières où cela est possible.

Dans votre projet pédagogique, vous parlez de la liberté. En quoi consiste-t-elle ?
Nous avons de la chance à Hautefeuille car il y règne une grande liberté : liberté pédagogique et liberté intellectuelle. Les élèves ne s’en rendent pas compte car ils ne connaissent pas les autres établissements, mais dans les cours tous les sujets humains et moraux peuvent être abordés, analysés et discutés. Nous voulons faire des hommes libres, c’est-à-dire des hommes responsables, et pour être responsable il faut être cultivé et il faut aussi être ouvert sur les enjeux du monde.
La liberté est aussi liée à la beauté des lieux. Les élèves y sont très sensibles, et ils ont raison. Les classes doivent êtres belles, tout comme les couloirs. La décoration, le choix des couleurs des murs, la présence de tableaux et de livres dans les classes sont des éléments primordiaux. Comment peut-on avoir envie d’apprendre dans un endroit qui est laid ? Cela nécessite un grand effort, notamment d’entretien et de soin, mais c’est nécessaire.
 En quoi consistent les cours de religion au lycée ?
Ces cours s’inscrivent dans la formation universaliste des lycéens. Ils sont divisés en deux branches : une branche d’histoire de l’Eglise et une branche de formation spirituelle. Dans l’histoire de l’Eglise nous étudions les grandes figures, les grands événements, les courants artistiques et intellectuels. La formation spirituelle est axée sur la philosophie, la théologie et la liturgie. Cela peut peut-être effrayer un élève de 3e, mais en réalité les lycéens aiment beaucoup ces cours, et ils se rendent compte de l’aspect concret qu’ils peuvent en tirer dans leur vie quotidienne.

Que pouvez-vous dire à un collégien qui s’interroge sur la pertinence de venir au lycée à Hautefeuille ?
S’il a été heureux au collège à Hautefeuille il le sera aussi au lycée, et c’est le plus important. Penser aux études supérieures est une bonne chose, mais il n’est pas non plus nécessaire de s’y focaliser dès la 3e, ou de se mettre une pression inutile. Il est crucial de bien réussir le lycée, et l’ambiance humaine et morale est fondamentale pour cette réussite. Ce sont trois années merveilleuses que l’on ne doit pas gâcher. Ces années forgent des caractères, ou les détruisent. Il ne faut pas négliger l’importance de la camaraderie et de la confiance mutuelle entre professeurs et élèves.
Que les élèves fassent aussi confiance à leurs parents, et à leurs professeurs, même si c’est peut-être difficile à leur âge ! Ils savent ce qui est bon pour eux, ils ont une expérience qu’ils n’ont pas. Ils ne regretteront pas la confiance qu’ils leur portent.
Enfin, il faut qu’ils adhèrent au projet pédagogique. Et il faut aussi qu’ils soient prêts à s’investir. Nous ne voulons pas des consommateurs de lycée, nous voulons des acteurs du lycée.  
Après les « années collège », les « années lycée » sont très différentes. Parents comme élèves savent pouvoir compter sur l’engagement total des professeurs de Hautefeuille.